3) Sécuriser la ressource en eau


Devant les besoins des cultures qui se renforceront du fait de la hausse de l’évapotranspiration, assurer une ressource en eau suffisante pour l’activité agricole, en corrélation avec son projet de gestion de l’eau sera une nécessité à plus ou moins brève échéance. Cela inclut :
- Un inventaire des ressources en eau existantes et mobilisables
- Les installations pour accéder à de nouvelles ressources (cours d’eau, eau souterraine, eau de pluie, etc.)
- Un aménagement du terrain, axé sur la gestion de l’eau, adapté à la topographie et au climat.


3.1) Les ressources en eau et leur droit d’exploitation


Les ressources en eau mobilisables pour l’irrigation et autres usages agricoles sont multiples : eaux pluviales, eaux de surface, nappes et veines d’eau, REUT (réutilisation des eaux usées traitées), etc.

Nous découvrirons dans cette partie les caractéristiques de ces différentes sources et les principaux aspects législatifs qui encadrent leur exploitation. À propos de la législation d’ailleurs, il est important de garder à l’esprit que tout ce que dit la législation est valable mais que la législation ne précise pas toujours tous les cas. Enfin, ce qui est écrit peut varier selon la zone et peut évoluer selon le contexte.


3.1.1) Eaux pluviales


Définitions

Les eaux issues des précipitations sont une ressource intermittante. Elles sont usuellement mesurées en mm de hauteur (1 mm/m² = 1 litre/m2).

Eaux de pluies : « celles issues des précipitations atmosphériques collectées à l'aval de surfaces inaccessibles aux personnes en dehors des opérations d'entretien et de maintenance.» (selon la législation). Les surfaces mentionnées peuvent par exemple désigner les toits de bâtiments.

Eaux de ruissellement pluvial : Eaux issues des précipitations atmosphériques qui s’écoule sur une surface


Moyens de captage

Il y a deux principaux moyens de captage des eaux de pluies :
- les toitures, l’eau peut alors être récupérée à l’aide de gouttières puis stockée dans des citernes. Le volume collecté peut être calculé selon la formule suivante :
Volume annuel moyen (L) = Précipitations (mm) X Surface de la toiture (m²) X Coefficient de récupération (0,9)

- un sol en pente, l’eau peut alors être récupérée à l’aide de fossés, de baissières et autres améangements (ex : fossés talwegs à redents)

Attention, les précipitations sont inégales dans l’année. D’ailleurs, l’influence du changement climatique rend plus aléatoire les rythmes et tend à augmenter la violence des événements climatiques (fortes sécheresses, fortes chaleurs, pluies violentes, froid violent et tardif,…). Des pluies moins fréquentes mais plus fortes peuvent alors rendre plus difficile le dimensionnement des structures destinées à stocker l’eau.


Législation

"Décret n° 2023-835 du 29 août 2023 Code de l’environnement
- Les eaux de pluies d’usage non-domestique peuvent être utilisées sans procédure d’autorisation.
- Usage domestique : Pour un prélèvement jusqu’à 1000 m3 /an en eaux souterraines ou superficielles, l’usage est considéré comme domestique.
- Au-delà de 1000 m3/an, le législateur se base sur la sensibilité du milieu pour fixer la procédure à laquelle sera soumise le prélèvement"


Pour aller plus loin :

Organiser son projet de gestion de l'eau


Sources :
Légifrance - Code de l'environnement