2) Pratiques agroécologiques favorables à la ressource en eau



2.3) Échelle du système de cultures


Les choix et interventions à l’échelle locale et à l’échelle de la parcelle représentent beaucoup mais il peut aussi être intéressant de considérer une échelle temporelle vis-à-vis de la succession des cultures et comment le choix du système de culture peut contribuer à maintenir des éléments nutritifs, de la matière organique mais aussi de l’eau et à terme de favoriser une bonne santé du sol.


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Figure 37 :
À gauche : une rotation courte en grandes cultures (source : Samuel DESCOTTES, schéma personnel)
À droite : une rotation longue en grandes cultures (source : Chambre d'Agriculture de l'Isère)

En effet, la complémentarité joue un rôle très important, les cultures n’ont pas les mêmes cycles de vie les unes les autres : les cultures d’hiver jouissent généralement de réserves d’eau plus importantes que les cultures de printemps (voir figure 37). La stratégie d’esquive des périodes de vulnérabilité hydrique proposerait alors de favoriser les cultures d’hiver plutôt que les cultures de printemps. Cependant, cela sous-entendrait d’encourager des rotations courtes (colza-blé-orge). Or, un tel modèle favorise le développement d’adventices, de maladies et d’implantations de ravageurs et de ce fait un risque d’augmentation de l’usage des herbicides.

Une étude (Cousin et al., 2014) a mis en évidence qu’une rotation intégrant prairies et céréales permettait d’atteidre une RU plus élevée que des rotations uniquement en céréales ou en prairies permanentes. Cela s’explique grâce aux enracinements complémentaires des cultures (structuration du sol) et à l’activité des micro-organismes.

Par ailleurs, l’intégration de prairies dans la rotation favorise le taux de matière organique dans le sol, lequel contribue à une meilleure rétention de l’eau (voir partie "Favoriser un haut taux de matière organique dans le sol").


En polyculture-élevage, plusieurs leviers sont possibles. Le site expérimental INRAE de Lusignan teste le pâturage d’automne sur cultures d’hiver au stade jeune. Comparé au maïs ou au sorgho, la valeur alimentaire de cet apport est moins intéressante mais les besoins en eau sont diminués de même que les usages en fertilisation et traitements phytosanitaires.

Une autre piste suggère l’emploi de cultures dérobées estivales. Des espèces tropicales ont un fort potentiel de croissance et de faibles besoins en eau, excepté à la levée (ex : Teffgrass).


Sources :
Agro-écologie et besoins en eau (OFB)