2) Pratiques agroécologiques favorables à la ressource en eau
2.2) Échelle de la parcelle
L’échelle de la parcelle considère les interventions culturales (hors irrigation) pouvant affecter la disponibilité de l’eau dans le sol pour les cultures et/ou les animaux.
2.2.1) Réduction du travail du sol



Le travail du sol, et particulièrement le retournement de celui-ci, est connu pour avoir un effet asséchant et une incidence sur la dynamique de l’eau dans le sol.
Le dispositif expérimental « Oberacker » (Suisse) compare le sol en semis direct par rapport au sol en labour. Il en ressort que le sol sans travail :
- Est plus humide,
- Est moins sujet à l’évaporation,
- Montre une plus forte remontée d’eau par capillarité en cas de sécheresse,
- Possède une meilleure protection vis-à-vis de la battance (donc moins d’érosion et de ruissellement en cas de pluie intense)
- Présente une meilleure infiltration de l’eau dans le sol grâce à la porosité
Le projet SD-EAU (2012-2014, France) de la structure AGRO’DOC émet quant à lui des conclusions plus nuancées : le sol en semis direct, par rapport au sol en labour, présente une dynamique plus douce de l’eau, une meilleure résilience du sol vis-à-vis des fortes variations de température et des besoins en eau décalés pour les plantes, mais en quantités similaires. Ainsi, si un moindre travail du sol n’augmente pas la quantité d’eau dans le sol, il peut réduire ou du moins ralentir les pertes d’eau (eau draînée, ruisselée, évaporée, etc.).
D’autre part, le travail du sol à un impact sur la vie du sol et notamment sur le développement des champignons mycorhyziens (voir figure 25). Ces derniers peuvent réaliser des symbioses avec les plantes au niveau des racines de celles-ci. Les champignons disposent d’un réseau considérable d’hyphes, bien plus étendu que le système racinaire des plantes, leur permettant de récupérer bien plus de ressources (eau et nutriments) sur un plus large périmètre et une plus grande profondeur. Les champignons transmettent alors ces ressources brutes aux plantes en échange de quoi celles-ci transmettent aux champignons des produits issus de la photosynthèse. Ainsi, les champignons mycorhyziens améliorent considérablement la captation d’eau par les plantes.
Par ailleurs, les mycorhyzes sécrètent de la glomaline (Gianinazzi et al., 2010), permettant une augmentation de la stabilité structurale et une augmentation de la rétention en eau des sols.
Sources :
Agro-écologie et besoins en eau (OFB)

