2) Pratiques agroécologiques favorables à la ressource en eau


Avant de réfléchir aux potentielles ressources en eau à assurer, il est nécessaire d’inclure des mesures d’économies d’eau au sein des systèmes de productions. Les cultures et le bétail ont en effet leurs besoins en eau. Avant de concevoir une irrigation, il est intéressant de considérer les pratiques pouvant être mises en place pour réduire les dépenses en eau, que ce soit à l’échelle locale (plante, animal), de la parcelle (sol), du système de culture ou du paysage.

2.1) Échelle locale


Il convient d’abord de voir les leviers mobilisables à l’échelle de la plante (ou de l’animal si l’on considère un élevage).


2.1.1) Sélection variétale


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La sélection variétale est un des points les plus important à considérer pour favoriser l’adaptation des cultures à leur milieu climatique. En effet, une exploitation vouée à avoir une faible consommation en eau (intrant) dans les décennies à venir doit se détourner des variétés « élites », c’est-à-dire à fort potentiel de rendement en conditions idéales (intrant à volonté), et prendre en compte des variété rustiques adaptées entre autres à la sécheresse. De plus, ce levier est neutre en termes de coût de production et d’atteinte à l’environnement.


En grandes cultures, sur le bassin Adour Garonne, Solagro a mis en évidence que l’utilisation de variétés précoces pouvait permettre d’éviter un stress hydrique. Cependant, les variétés tardives permettent potentiellement un plus fort rendement. De plus, la précocité ne fait pas tout : il faut aussi considérer la tolérance aux maladies et la résistance au risque de verse dans la balance.


En arboriculture, il est difficile d’orienter la sélection variétale sur la résistance à la sécheresse pour 2 raisons :
- Il s’agit d’une culture pérenne, aussi, le choix variétal est à considérer au moment de l’implantation
- Il existe un nombre limité de références concernant les variétés résistantes à la sécheresse. En effet, la recherche variétale a été principalement axée sur le goût et l’aspect visuel du fruit, selon les vœux des consommateurs et des contraintes réglementaires des appellations.


En viticulture, le programme de recherche LACAVE soutient la sélection de cépages et de portes-greffes comme levier agronomique pour faire face à la sécheresse. Cependant, on retrouve les mêmes problématiques qu’en arboriculture :
- Il s’agit d’une culture pérenne, aussi, le choix variétal est à considérer au moment de l’implantation
- La sélection a plus été porté sur la résistance des vignes aux maladies qu’à la sécheresse, de là un manque de références sur la question. On pourra cependant relever que la grande majorité des cépages méditéranéens sont résistants à la sécheresse ainsi que quelques cépages atlantiques (ex : Cabarnet-Sauvignon)

D’autre part, il existe une certaine variété de porte-greffes résistants à la sécheresse. On peut notamment citer le 110 Richter (très qualitatif) et le 140 Rugger. Des porte-greffes utilisés à l’étranger et potentiellement résistants à la sécheresse sont testés par le dispositif GrefAdapt à l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin de Bordeaux.


En élevage, OASYS (INRAE) travaille sur le croisement des races afin de tendre vers animaux rustiques et capables de s’adapter à la sécheresse.


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Figure 19 : La vache jersiaise, une race rustique (source : Wikimedia Commons)



Climat : Oasys, une expérimentation de l'INRAE pour adapter l’élevage







Encourager les cultures économes en eau…


Au-delà de la considération des variété, un geste peut aussi être fait quant au choix même du légume, de la culture. En effet, les légumes habituels, à savoir les tomates, les aubergines, les courgettes, les concombres, les poivrons ou même les carottes font partie des plantes qui nécessitent le plus d’arrosages réguliers. La culture de laitues, de tomates ou de carottes sur 1m² peut demander jusqu’à 6L par jour (dépend des conditions pédo-climatiques et du système d’irrigation choisi).

Le tableau ci-dessous (figure 20) montre des légumes de toutes familles, plus ou moins cultivés offrent en revanche des potentiels intéressants en termes de résistance à la sécheresse.

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Figure 20 : Quelques familles de légumes reconnus pour leur résistance au stress hydrique



D’autres légumes, plus exotiques, tels que la patate douce, le physalis, la tétragone et le pois chiche offriront aussi une bonne résistance à la canicule.

Il est aussi possible de trouver des grandes cultures intéressantes en termes d’économies d’eau. Le tableau suivant (figure 21) montre quelques exemples de ces cultures.

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Figure 21 : Quelques cultures (grandes cultures) reconnues pour leur résistance au stress hydrique



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Figure 22 :
gauche : Silphium perfoliatum L. (source : Flickr)
centre : Panais en vrac (source : Flickr)
droite : Oca du Pérou (plante trifoliée ressemblant à des trèfles) (source : Flickr)



Sources :
Agro-écologie et besoins en eau (OFB)
Le Monde
Institut français de la vigne et du vin