1) Enjeux de l’eau et changement climatique


1.2) Les conséquences du changement climatique sur la ressource en eau



1.2.3) Les conséquences du changement climatique sur les ressources superficielles et souterraines


Les conséquences de l’utilisation de la ressource en eau et du changement climatique sur ladite ressource se font déjà ressentir :

- Les nappes diminuent : on observe une diminution forte, incontestable, de la recharge moyenne sur les contreforts cévenols et les aquifères du secteur des Garrigues commencent à être impactés. De manière générale, les projections futures indiquent une baisse du niveau de recharge des nappes. Les suivis hydrométriques menés sur 60 ans enregistrent, pour le Rhône, une baisse du débit (-7% en amont, -13% en aval) ainsi que du débit d’étiage [1] (-20%). De plus, la durée des périodes de basses eaux s’allongera et les situations d’assecs deviendront plus fréquentes.

- Les débits baissent : les scénarios prévoient une baisse généralisée des débits des cours d’eau, particulièrement en période d’étiage (de 30 à 40%). La fréquence et la durée d’étiage pourront doubler dans un horizon proche et quadrupler d’ici la fin du siècle.


Du fait de cette baisse de la ressource en eau, le déficit entre les besoins et les ressources se creuse, surtout en période d’étiage. À l’horizon 2050, sur la période de juin à septembre, le déficit (= prélèvement - ressources) du Gardon pourrait passer de 0,5 m3 à 6,4 m3, et celui de la Cèze de 0,5 m3 à 5 m3.

Cette évolution influence directement les prélèvements autorisés pour l’irrigation (voir partie « Sécuriser la ressource en eau »). Les graphiques représentés par la figure 9 mettent en évidence la part des prélèvements sur la ressource en eau superficielle durant les mois de mai à septembre sur les cours d’eau où il existe le plus de tensions. Par exemple, sur le bassin versant du Vidourle aval, les prélèvements s’élèvent à 47,5% de la ressource pendant le mois d’août pour une année moyenne mais, pour une année quiquennale sèche [2], ces mêmes prélèvements représentent 85% de la ressource. Il ne reste alors que 15% pour les milieux et la vie aquatique.


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Figure 9 : Proportions de la ressource mensuelle en eau superficielle mobilisée par les prélèvements (source : conseil départemental du Gard)



[1] étiage : débit minimal d’un cours d’eau : correspond statistiquement, sur plusieurs années, à la période de l’année où le niveau d’un cours d’eau atteint son point le plus bas « basses eaux »)
[2] année quinquennale sèche : représente les niveaux les plus bas pouvant être atteints une année sur cinq


Sources :
ORACLE Occitanie 2023
Démarche EAU & CLIMAT, Conseil départemental du Gard