1) Enjeux de l’eau et changement climatique
1.1) Le Gard, un département inégalement affecté par le changement climatique
1.1.3) Une aridification du climat fragilise les sols
La combinaison de la hausse des températures et de la modification des précipitations engendre l’augmentation de l’évapotranspiration potentielle (ETP), du déficit hydrique (DH) et l’assèchement des sols.
Sur la période de 1959 à 2018, l’ETP annuelle moyenne a augmenté de 50%, soit +240mm en moyenne, avec une différence entre les Cévennes (+280 mm) et les autres territoires.
Sur la même période, le déficit hydrique de mai à août a augmenté de 165 mm, soit de 50% par rapport à la valeur de référence, avec une accélération ces 30 dernières années. En effet, d’après la figure 4, le déficit hydrique climatique croît de - 80,0 mm par décennie, soit - 240,0 mm en 30 ans dans le Gard. Ce déficit pourrait conduire à une forte aggravation du stress hydrique pour les cultures avec des pertes de rendements et une dégradation de la qualité, obligeant les agriculteurs à adapter leurs pratiques, notamment en renforçant leur accès à l’eau.
La tendance à l’asséchement des sols causée par le déficit hydrique se traduira par une moindre infiltration de l’eau (de pluie ou des cours d’eau) dans le sol, augmentant par-là la sécheresse des sols. C’est un cercle vicieux !
En résumé, le climat est plus chaud, ce qui engendre une hausse de l’évapotranspiration. Avec moins de précipitations en hiver et en été, les sols et la végétation sont de plus en plus secs. On voit sur la figure 5 que la surface des sols touchée par la sécheresse a doublé entre 1991 (10%) et 2013 (20%).
Pour compenser les pertes d’eau engendrés par l’augmentation de l’évapotranspiration, il faudrait amener chaque année 37 500 m3 d’eau pour une exploitation agricole moyenne de 24 hectares.
Sous le coup d’évènements climatiques extrêmes (relativement au climat d’aujourd’hui), de leur imperméabilisation (artificialisation), la déforestation et la disparition des zones humides, les sols seront plus sujets à l’assèchement, au ruissellement et à l’érosion.
Une autre conséquence de cette aridification sera l’accentuation du risque d’incendie : la totalité des forêts du Gard étant déjà classée en espace sensible aux feux de forêts.
Sources :
La gestion quantitative de l’eau – CGAAER
PBACC 2024-2030 Rhône-Méditerranée
ORACLE Occitanie 2023

