1) Enjeux de l’eau et changement climatique


1.1) Le Gard, un département inégalement affecté par le changement climatique



Le Gard se place en climat méditerranéen, où l’agriculture est intimement liée à la disponibilité en eau. Le département est en effet confronté à une certaine hétérogénéité dans l’accès à la ressource en eau, parfois abondante, souvent rare.

Le changement climatique est inéluctable et renforcera d’autant plus la problématique de la gestion de l’eau et la nécessité de s’adapter. Dans le cas du bassin versant Rhône-Méditerranée (voir figure 1), cette évolution se manifeste par plusieurs fronts.


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Figure 1 : Bassins hydrographiques de la France métropolitaine (source : Wikimédia Commons)



1.1.1) Une hausse des températures


Le changement climatique est déjà en œuvre dans le Gard. L’analyse des données SAFRAN et ORACLE sur la période 1959-2018 révèle des tendances climatiques significatives dans le Gard :

Une augmentation des températures

Depuis 1959, la température annuelle moyenne a augmenté de près de 1,7°C dans tout le département. Cette hausse s’est accélérée à partir de 1980 et une accentuation a été constatée au cours des 15 dernières années. Cette évolution appelle à une adaptation de l’agriculture, notamment en ce qui concerne les références climatiques utilisées (dates de semis, choix de variétés), pour mieux anticiper les conditions thermiques des prochaines années.

Des disparités annuelles

Malgré une tendance à l’augmentation, la variabilité interannuelle reste forte et impose une certaine anticipation (risque, résilience) quant à la conception des systèmes de culture agricoles.

Des disparités saisonnières

L’augmentation des températures n’est pas uniforme selon les saisons. La saison estivale est la plus impactée avec une augmentation moyenne de 2,5°C depuis 1959 (voir figure 2). Cette hausse des températures entraîne une augmentation significative de l’évapotranspiration des plantes, cette dernière étant plus marquée en été et en automne.

Des disparités territoriales

L’augmentation des températures varie selon les territoires, les Cévennes étant les plus touchées avec une hausse moyenne annuelle de +2,1°C (voir figure 2).


Ces données soulignent une tendance au réchauffement climatique dans le Gard, avec des variations notables en fonction des territoires, des saisons et des années.

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Figure 2 : Évolution spatiale et temporelle des températures dans le département du Gard (source : conseil départemental du Gard)


Projections

Le changement climatique amènera les températures à continuer d’augmenter. Les experts du climats (GIEC) ont identifié plusieurs scénarios sur la base d’hypothèses pessimistes (8.5) et d’autres intermédiaires (4.5) pour illustrer les futures évolutions du globe, selon la quantité émise de gaz à effet de serre (GES) :
- Le scénario « intermédiaire » correspond au scénario RCP (Representative Concentration Pathway) 4.5 du GIEC : dans ce scénario, des mesures politiques modérées sont prises pour réduire les émissions de GES et atténuer le CC
- Le scénario « pessimiste » correspond au scénario RCP 8.5 du GIEC : dans ce scénario, aucune véritable politique climatique n’est mise en place, les émissions de GES continueront d’augmenter fortement.

Dans le cas du Gard, ces scénarios projettent les réchauffements moyens (depuis 2018) suivants :
- Horizon 2050 : +1,5°C, quel que soit le scénario
- Horizon 2100 :
o Scénario intermédiaire : +1,8°C
o Scénario pessimiste : +4°C
Dans le scénario pessimiste, l’augmentation de la température moyenne du Gard serait d’environ +0,5°C par décennie. Le réchauffement sera plus important l’été : +5,4°C en moyenne.


Sources :
Plan de bassin d’adaptation au changement climatique dans le domaine de l’eau – Comité de bassin Rhône Méditerranée
La gestion quantitative de l’eau – CGAAER

ORACLE Occitanie 2023
Démarche EAU & CLIMAT, Conseil départemental du Gard