1.2) Chiffres-clés vis-à-vis de la question de l’eau en agriculture


1.2.1) Conditions climatiques du Gard

Le Gard joui d’un climat méditerranéen franc
- Ensoleillement : 2500H / an
- Forte sécheresse estivale
- Abondantes précipitations automnales
- Eté chauds : 25 à 60 jours supérieurs à 25°C
- Gelées peu fréquentes : 15 à 25 jours de gelées en plaine
- Cévenols : épisodes de pluies diluviennes
- Température moyenne (1991-2021) annuelle (Nîmes) : 14,9°C
- Précipitations moyennes (1999-2021) annuelles (Nîmes) : 735 mm


1.2.2) Consommation de l’eau en agriculture

L’eau est un élément capital en agriculture, que ce soit pour l’abreuvement des animaux ou l’irrigation des cultures.
- L’agriculture comptait, en 2020, 9% des prélèvements nationaux en eau (c’est-à-dire 3 milliards de m³) mais représentait 50 % de la consommation totale en été. On entend par consommation l’eau qui n’est pas restitué au même moment au même endroit lors de son utilisation (ex : eaux de refroidissement des centrales électriques).
- Les 2/3 de l’eau consommée par l’agriculture sont issues des eaux de surface.
- Environ 20 % des exploitations agricoles sont irriguées (soit environ 75 000 irrigants), pour seulement 6,8 % de la SAU (soit 1,8 Mha, +15 % en 10 ans) avec de grandes disparités départementales.
- 32 % des surfaces irriguées concernent des productions de maïs, mais seulement 34 % des surfaces de maïs sont irriguées.


image figure_5.png (1.2MB)
Figure 5 : Les usages de l’eau et des milieux aquatiques pour l’agriculture


1.2.3) Évolution de la ressource en eau pour l’agriculture

Du fait du changement climatique, la disponibilité sur l’année de la ressource en eau, mobilisable par l’agriculture peut se faire incertaine, qu’il s’agisse des précipitations estivales, au moment où les cultures en ont le plus besoin ou de la recharge des nappes permettant de maintenir une réserve d’eau en prévisions des périodes les plus sèches.

Précipitations estivales
image figure_6.png (38.8kB)
Figure 6 : Cumul des pluies estivales du 1er juillet au 30 septembre à la station d’Aigues-Mortes (30), de 1959 à 2022


On observe que les précipitations estivales, bien que très variables d’une année sur l’autre n’ont en moyenne que peu évoluées 60 ans.
La température ayant de son côté augmenté, l’évapotranspiration est plus forte. Celle-ci n’étant pas accompagné par une hausse des précipitations, le stress hydrique estival est aujourd’hui plus fort ce qui rend la levée des couverts plus incertaine.


Rechargement hivernal
Les précipitations d’octobre à avril sont très importantes car c’est à cette période que se remplissent les aquifères et les retenues, qui serviront de réserves d’eau pendant la période estivale où le bilan hydrique est généralement négatif en Occitanie.

  • image figure_7.png (43.4kB)
Figure 7 : Cumul des précipitations du 30 septembre au 1er avril à Aigues-Mortes (30), de 1959 à 2022.

Les évolutions observées à Aigues-Mortes (figure 7) ne sont pas significatives, malgré une tendance à la baisse. Des baisses des précipitations durant la recharge des aquifères et des retenues sont observées, cependant les fortes variations interannuelles ne permettent pas de conclure sur l’existence d’une réelle tendance sur les 63 dernières années.


Déficit hydrique climatique
La pression exercée par une instabilité des précipitations estivales et du niveau de recharge de la nappe pour une température globalement croissante entraîne un déficit hydrique, suivant la formule suivante :
Déficit hydrique climatique = Cumul des précipitations – Évapotranspiration
Les précipitations sont les mêmes mais l’évapotranspiration augmente.

image figure_8.png (61.8kB)
Figure 8 : Déficit hydrique climatique évalué dans le Gard, de 1991 à 2021

En effet, d’après la figure 8, le déficit hydrique climatique croît de - 80,0 mm par décennie, soit - 240,0 mm en 30 ans dans le Gard. Le DHC est significativement en hausse sur la période d’avril à septembre.
Ce déficit pourrait conduire à une forte aggravation du stress hydrique pour les cultures avec des pertes de rendements et une dégradation de la qualité, obligeant les agriculteurs à adapter leurs pratiques, notamment en renforçant leur accès à l’eau.